Etalement urbain

L’étalement urbain est une expression désignant le phénomène de développement des surfaces urbanisées en périphérie des villes.
Vitesse de déplacement et étalement urbain sont donc intimement liés : Depuis un demi-siècle, l’explosion des mobilités a engendré une dilatation croissante des espaces urbains et des territoires. Cet étalement, qui est lié au développement démographique des agglomérations, se fait avec une densité du bâti d’autant plus faible que l’on s’éloigne du cœur des villes. La faible densité est due au caractère pavillonnaire de cette urbanisation, la surface occupée par un foyer (maison + jardin privatif) étant plus importante que celle d’un appartement en immeuble, ainsi qu’à l’importance des espaces naturels conservés dans les communes concernées. Mais l’étalement urbain n’est pas le seul fait de l’habitat pavillonnaire : plus de la moitié des mètres carrés construits chaque année sont consacrés aux activités économiques (source : Etudes Foncières). Au final, les sols artificialisés ne cessent de croître et la consommation énergétique liée aux transports est l’une des principales sources de l’aggravation de l’effet de serre.

Le concept

Les déterminants économiques de l’étalement urbain: Les spécialistes des Etudes Foncières, comme Joseph Comby et Olivier Piron, urbanistes, ont montré que « beaucoup des ménages s’installent dans le périurbain pour se rapprocher de leur travail, à savoir les nouveaux pôles d’activités économiques de périphérie. Prendre en compte le coût de leurs déplacements vers le centre-ville n’a aucun sens ».(Piron, 2007)

La principale motivation des personnes choisissant ce mode d’habitat est d’échapper au coût élevé, parfois prohibitif, du logement urbain, en raison essentiellement de la forte demande pour les quartiers centraux. Choisir les zones périurbaines permet souvent, pour le prix d’un appartement en ville, l’achat d’une maison plus vaste avec jardin. Le principal inconvénient est l’éloignement du lieu de travail (le télétravail n’ayant pas encore permis de remplacer significativement et efficacement la concentration physique des individus dans des locaux afin de produire une activité économique collective) qui provoque les migrations pendulaires et les embouteillages, sans compter l’impact écologique d’un tel développement. De plus, le bénéfice induit par le coût plus faible du logement est réduit par les coûts entrainés par l’éloignement. 2 voitures par foyer sont quasiment indispensables dans les zones pavillonnaires, elles représentent à long terme une part très importante du budget familial.

Une autre motivation importante est le choix d’un cadre de vie plus agréable car plus proche de la campagne, plus calme, et qui permet d’échapper à l’«entassement urbain», qui serait source de stress et d’agressivité. La ville a souffert de son image négative et en souffre encore, malgré les nettes améliorations du cadre de vie en ville.

L’étalement urbain peut être mis en parallèle avec le développement du parc automobile et des infrastructures routières, de zones d’activités commerciales et industrielles, qui nécessitent des surfaces importantes et qui sont rejetées des centres-villes à la fois à cause du coût de l’immobilier et du fait du rejet de certaines nuisances liées à ces activités.
S’agit-il en fait d’un concept ou plutôt d’un constat lié à plusieurs phénomènes, tant individuels que collectifs ? Il n’y a pas eu rationalisation, mais plutôt tendance naturelle, que les discours sur la maîtrise n’ont pas enrayé :

• à titre individuel, la volonté de bénéficier des services de la grande ville sans en supporter les contraintes, la difficulté de choisir un logement proche de son travail alors que l’on travaille à deux ou plus et que les mobilités professionnelles rendent vite caduc le premier choix, suivant l’âge des enfants, le souhait de leur offrir des espaces de calme et de verdure ;

• à titre collectif, l’attraction des métropoles et donc les besoins d’expansion, le souhait des communes de la périphérie de bénéficier aussi de l’apport de population qui permet de maintenir écoles et services de base, enfin l’absence claire de politique cohérente et de limites fermes à l’extension de la ville (absence largement liée à la faible densité réelle ou supposée du territoire).

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